Et j'me tiens là, malgré le vent qui emmêle mes cheveux. J'me tiens là et je tire de longues bouffées sur cette foutue clope. Quelque part, je t'attendais. J'me suis levée deux heures plus tôt, ce matin-là. J'me tiens là, et je t'attends. J'ai la tête qui tourne et cette sale envie de pleurer, que j'efface aussitôt. Rien ne doit transparaître. Et puis tu arrives, et je fais semblant de ne pas te voir. Je tourne la tête. Toi. Toi et tes putains d'yeux. Ces mêmes yeux qui m'ont troublée. Qui me troublent encore, je crois. Et puis quelques mots vides de sens, murmurés ou criés, sans aucune importance. Des automatismes, en fait. Tu sais, j'aurais bien voulu te dire que non, je ne vais pas bien. Que je souffre. Que tu me manques, que je t'aime.. Et que j'en ai marre. Mais non. Comme tout le monde, je réponds "Bien." Et je m'en veux encore une fois de te mentir, de me mentir. Et puis tu t'en vas. Ce matin-là, j'me suis levée deux heures plus tôt pour te parler trois minutes. Tout ça à cause de tes yeux.